Projection de "Keep Calm"

26 janvier 2018 à 19h30 au Garde-Chasse, Théâtre Cinéma, Les Lilas

Un film de Corinne Dardé
Conception, direction et mise en scène : Michel Schweizer / LA COMA
Durée : 55 min.
 

En présence de la réalisatrice et du chorégraphe

Entrée libre

Venez découvrir le documentaire Keep Calm réalisé par la vidéaste Corinne Dardé qui retrace l'aventure artistique d'une création chorégraphique amateurs avec dix-neuf enfants volontaires âgés de 10 à 13 ans. D'avril à juin 2017, ils ont suivi des ateliers avec le chorégraphe Michel Schweizer et ont créé une performance à destination d'un public adulte. Les représentations se sont déroulées les 14 et 15 juin 2017 au Garde-Chasse dans le cadre de l'édition 2017 du festival des Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis.

A travers les questions posées par le chorégraphe, les enfants ont été amenés à réfléchir à leur niveau de connaissances, à leur situation dans le (leur) monde, et à la relation qu'ils entretiennent avec les adultes. Sur scène, c'est donc une "tribu d'enfants" qui a fait bloc, libre de dire et d'agir face à un auditoire d'adultes. Keep Calm propose ainsi une expérience où l'enfant devient maître de la situation. Cette "prise de pouvoir" provoque un face-à-face troublant qui interroge les places de chacun.
 

BIOGRAPHIE

 

Michel Schweizer

 

Michel Schweizer n’est pas diplômé en biologie moléculaire. Ne cherche pas à « susurrer la danse à l’oreille ». Ne l’a jamais étudiée à Berlin, Paris ou New-York. Ne l’a pas pas pour autant découverte à l’âge de quatre ans. N’a toujours pas engagé de Plan d’Epargne Logement. Ne refuse pas la rencontre. N’a pas eu la chance d’apprécier l’évidence de la première fois. Ne saurait envisager son activité sans une profonde méfiance. Ne pourrait trouver d’autre mot pour définir ce qu’elle lui occasionne : du luxe. N’a toujours pas eu l’occasion de sourire de son prochain investissement : un costume Slim Fit Hugo Boss. Ni celle de réagir à sa paradoxale acclimatation au dehors. N’a toujours pas relu tout Deleuze. N’a pas la prétention de dire qu’il se trouve prétentieux. Ne travaille pas à « faire vibrer son sacrum ». Ne suppose pas la production sans ce(ux) qui la génère(nt) et l’autorise(nt). N’a pas lu La vie sexuelle de Catherine M… Ne feuillette que très rarement Les Echos ou La Tribune pour les pages publicitaires ou offres d’emploi. Regrette de ne pas avoir pu faire des études d’architecture, d’éthologie, de science du langage ou de design. Profite de l’enchantement que lui procure son appartenance à la classe créative de ce pays.

Progressant dans l’âge se surprend à avoir un sens plus aigüe de la trajectoire humaine.

A abandonné tout hédonisme et égocentrisme ludique et accepté l’exubérance déclinante de ces capacités cérébrales. Absorbe chaque matin 4 grammes de Selenium-ACE Optimum 50 + parce que l’âge n’est pas une fatalité. Evite de penser que 7000 litres de sang circulent quotidiennement dans son cœur. Evite aussi de penser que son « profil » se dessine désormais en algorithmes. N’a pas entrepris d’audit pour évaluer sa réputation numérique.

Eprouve un certain appétit à expérimenter les « choses » dont il se sent incapable…

Depuis plus de 18 ans, il convoque et organise des communautés provisoires. S’applique à en mesurer les degrés d’épuisement. Ordonne une partition au plus près du réel. Se joue des limites et enjeux relationnels qu’entretiennent l’art, le politique et l’économie. Porte un regard caustique sur la marchandisation de l’individu et du langage. Se pose surtout en organisateur. Provoque la rencontre. Nous invite à partager une expérience dont le bénéfice dépendrait de notre capacité à accueillir l’autre, à lui accorder une place. Cela présupposant ceci : être capable de cultiver la perte plutôt que l’avoir…