Humberto Araujo
Portugal

Vera Mantero

Les Serrenhos du Caldeirão, exercices en anthropologie fictionnelle

  • Mardi 16 mai 2017  • 20h 30
  • Mercredi 17 mai 2017  • 20h 30
  • Jeudi 18 mai 2017  • 20h 30

    Centre national de la danse

Solo • 70 min

ENGLISH

Os Serrenhos do Caldeirão – exercícios em antropologia ficcional (The Caldeirão Highlanders – exercises in fictional anthropology) is a piece created by Vera Mantero at the invitation of
DeVIR/CaPA, Faro, in the context of the Encontros do Devir festival, held in 2012. It addresses the desertification/depopulation of the Serra do Caldeirão hills, in the Algarve. Combining her own
video with film shot by Michel Giacometti, and in particular footage on the subject of work songs, Vera Mantero casts a perceptive eye over traditional activities of rural life in general and knowledge of
the oral cultures of northern and southern Portugal and of other continents. The whole piece is populated by voices that come from afar. Silence. The hills. With this sensitive portrait of the people of the Serra do Caldeirão, Vera Mantero speaks to us of people who possess a wisdom we are losing, a wisdom in the connection between body and spirit, between daily life and art. But a wisdom that we can (and should, for our own sake) revive.

Tout est parti d’une commande faite à la chorégraphe et danseuse Vera Mantero autour de la désertification et de la déshumanisation de la Serra do Caldeirao, dans l’Algarve, au Portugal.
 

En parcourant la région, elle est frappée par son silence. Surtout, elle tombe sur des recueils filmiques réalisés dans les années 70-80 par Michel Giacometti ethnologue passionné par les chants populaires portugais. Elle s’en empare, comme elle s’empare de tout : textes de Prévert et d'Artaud, chants a capella venus du fond des âges, vidéos, triangle dont elle joue pour faire entendre le silence, tronc de liège creux… Elle s’empare de tout, comme ces cultures qu’elle évoque : sans logique apparente, elle risque les frottements, les dialogues, les rencontres.
 

Il en résulte un solo très peuplé, une danse très parlée, une conférence gracieuse et légère sur un sujet grave. Elle rend un hommage tour à tour émouvant, drôle et profondément poétique aux populations rurales et ancestrales, celles de la Serra du Portugal, mais aussi à toutes celles qui savaient relier le quotidien et le travail à l'esthétique et au spirituel, « les courants de la terre aux courants du poème », comme le disait le poète portugais Herberto Helder d’Antonin Artaud.
 

La pièce se referme comme elle a commencé : par les visages de ces hommes burinés, paysans en noir et blanc qui se mettent à chanter a capella leur envoûtante oraison des âmes. Vera Mantero fait ainsi, le temps de sa pièce, repartir la ronde, celle qui s’est arrêtée dans ces montagnes, celle qui s’arrête partout où les mondes du corps et de l’esprit ne trouvent plus d’endroits où se joindre.

CONCEPTION, INTERPRÉTATION : Vera Mantero
LUMIÈRES : Hugo Coelho
CAPTURE D’IMAGES, SCÉNARIO VIDÉO : Vera Mantero
MONTAGE VIDÉO : Hugo Coelho
EXTRAITS VIDÉO DE LA FILMOGRAPHIE INTÉGRALE DE MICHEL
GIACOMETTI : Salir (Serra do Caldeirão), Cava da Manta (Coimbra), Dornelas (Coimbra), Teixoso (Covilhã), Manhouce (Viseu), Córdova de S. Pedro Paus (Viseu) et Portimão (Algarve)
EXTRAITS DE TEXTES : Antonin Artaud, Eduardo Viveiros de Castro, Jacques Prévert et Vera Mantero

PRODUCTION : O Rumo do Fumo
COPRODUCTION : DeVIR/CaPA
RÉSIDENCES ARTISTIQUES : Centro de Experimentação Artística – Lugar Comum/Fábrica da Pólvora de Barcarena/Câmara Municipal
de Oeiras et DeVIR/CaPA/Faro


Ce projet est une commande des Rencontres du DeVIR de DeVIR/CAPa, Faro/Portugal