Tristan Perez-Martin
Catalogne-Espagne

Pere Faura

Sweet Tyranny

  • Samedi 10 juin 2017  • 19h
  • Dimanche 11 juin 2017  • 17h 30

    L'Embarcadère

8 danseurs • 60 min [création]

ENGLISH

A choreographic analogy between dance as evasion and dance as a profession. From iconic choreography of musical films produced during the years of the disco era (70s and 80s), the piece draws an analogy between dance as ecstasy and evasion and dance as work and profession, within a palindrome structure that functions as a deformed mirror that extends and distorts this relationship to make us reflect on our own work and existential realities.
Copying, remixing or destroying the choreographies of John Travolta and Patrick Swayze, the piece transcends the cliché they represent to unfold a sweaty reflection about the different tyrannical
relationships that are inherent in the theatrical convention, such between the maker and the market, the choreographer and the dancers, or the performers and the audience. And it presents disco as a new political space for physical and festive subversion. A dance group piece, politically demanding and artistically irreverent, that operates in that space between the disco and the dance studio, between the
party and the labor, between individual freedom and collective obligations.

Le chorégraphe et danseur catalan Pere Faura aime citer cette phrase d’Oscar Wilde : « la seule obligation que l’on a avec l’Histoire, c’est de la réécrire. » C'est ce à quoi il s'emploie avec brio, puisant aussi bien dans les « classiques » de la danse contemporaine que dans les formes populaires.
 

Il a ainsi régulièrement travaillé à partir des standards de la pop culture (disco, musicals, porno), partant du principe que la séparation entre les différentes formes d'art est absurde. Il y a donc toujours chez lui un amour assumé pour le spectacle et le spectaculaire, doublée d’une distance critique et d'un humour souvent ravageur.
 

Avec Sweet Tyranny - qui appartient à une trilogie baptisée Sweet Suite - il se lance dans une analogie chorégraphique entre la danse considérée comme une évasion et une extase, et la danse considérée comme un travail et une profession. Cette fois, il s’empare des comédies musicales produites pendant l’époque disco (les années 70 et 80), celles de Patrick Swayze et John Travolta, soumettant les clichés les plus conventionnels du cinéma hollywoodien à la copie, au remix, à la transformation.
 

La pièce travaille ainsi l’articulation entre la fête et le travail, le plaisir et l’obligation, la danse disco et la danse de studio, la liberté individuelle et les obligations collectives.


Pere Faura déplie « une réflexion pleine de sueur », comme il le dit, sur les relations tyranniques inhérentes à la convention théâtrale, entre le fabricant et le marché, le chorégraphe et les danseurs, les interprètes et le public.

CONCEPT, MISE EN SCÈNE, CHORÉGRAPHIE : Pere Faura
MISE EN SCÈNE, DRAMATURGIE : Esteve Soler
MISE EN SCÈNE, ESPACE SCÉNIQUE : Jordi Queralt
INTERPRÈTES : Laura Alcalà, Sarah Anglada, Miquel Fiol, Raquel Gualtero, Claudia Solwat, Javi Vaquero, Amaranta Velarde, Pere Faura
TEXTES : Pere Faura, Esteve Soler
CRÉATION LUMIÈRES : Jordi Queralt, Sergio Roca
MUSIQUE, DJ : Amaranta Velarde
CRÉATION SONORE : Ramon Ciércoles
RECHERCHE ET MONTAGE VIDÉO : Joan Escofet
CONSEIL CHORÉGRAPHIQUE : Jefta van Dinther, Anna Rubirola
CRÉATION COSTUMES : Jorge Dutor
PRODUCTION EXÉCUTIVE : Sandra Casals – Blancproduccions
PRODUCTION : Pere Faura Company
COPRODUCTIONS : Mercat de les Flors (Barcelona), Festival Sismògraf (Olot), Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis
COLLABORATIONS : L’animal a l’esquena, La Caldera, La Visiva, Graner fàbrica de creació
SOUTIEN : Départament de Cultura de la Generalitat de Catalunya

 

Avec le soutien de l’Institut Ramon Llull et de l’Instituto Cervantes de Paris

Parcours de Pere Faura

Né à Barcelone, Pere Faura est un artiste multiple, formé en chant, en musique et en danse, dont le travail se caractérise par l’appropriation de certains éléments de la culture pop (la musique, le striptease, le karaoké, le porno) comme des ingrédients de mémoires collectives qu’il (re)mixe à la manière d’un « DJ pluridisciplinaire ». Il conçoit la chorégraphie comme un lien entre les divers éléments du théâtre. Diplômé de l’Institut du Théâtre de Barcelone et de la School for New Dance Development d’Amsterdam, il a été chorégraphe résident au Teatro Frascati à Amsterdam, en 2007. De retour à Barcelone en 2011, il débute une collaboration avec différents centres artistiques comme la Caldera, la Porta, le Mercat de les Flors, mais aussi le Musée Reina Sofia ou le Matadero, à Madrid, pour des commandes et des performances. En tant qu’interprète, il travaille avec des chorégraphes comme Ivana Müller, Jérôme Bel ou Xavier Le Roy (dont le projet Rétrospective présenté en 2012 à la Fondation Tàpies de Barcelone). Il tourne actuellement avec les pièces Striptease et Diari d’accions et travaille à son nouveau projet Sin baile no hay paraíso (Sans danse il n’y a pas de paradis), depuis 2013.