Benoit Chapon
France

Kubilai Khan investigations

Black Belt

  • Jeudi 8 juin 2017  • 20h
  • Vendredi 9 juin 2017  • 20h

    La Dynamo de Banlieues Bleues

Solo • 25 min [création]

ENGLISH

Black Belt spits out a magic ink that reveals the troubled and disturbed areas of living.
Black Belt looks at Africa in movement, into that which lives there and not that which is seen as a fantasised vision.
Black Belt carries the cleverness of a being who has multiplied itself to feel and yet refute those preconceived ideas of the African reality.
Black Belt recognises that our imaginary worlds, African as well as European, remain impregnated with history and capitalism.
Black Belt is about journeying, circulation and transfiguration, this work dreams of all the inheritances that also have nothing to do with birth.
Travelling through a connected, urbane and globalised Africa, whose population is less than 30 years old, strikingly inventive and independent even if badly treated : this youth who replaces tracts with tweets and who creates its logos on the walls of the web, would it be showing the first signs of its right to reply for those whose expression is so often suppressed?

Black Belt recrache une encre magique qui révèle les zones troubles et agitées du vivant.

Black Belt regarde l’Afrique en mouvement, d’après ce qu’il s’y vit et non d’après une vision fantasmée.

Black Belt porte la ruse d’un être qui s’est multiplié pour s’éprouver et tord le cou à bien des idées reçues sur le réel africain. Selon l’économiste sénégalais, « l’Afrique n’a personne à rattraper » et la modernité est déjà bien arrivée et n’est pas à inventer. Tout indique aussi qu’il faut questionner le mythe du développement et le positivisme scientifique qui projette une vision occidentale sur les sociétés africaines comme unique moyen pour les décrire.

Black Belt reconnaît que nos imaginaires, africains autant qu’européens restent imprégnés par l’histoire et le capitalisme. Suivant « une construction mentale », cet héritage postcolonial continue à véhiculer une société des éblouissements.

Black Belt est une affaire de trajet, de circulation et de transfiguration, cette pièce rêveuse d’héritages qui n’ont aussi rien à voir avec des histoires de naissance. En de certaines circonstances, elle s'apparente à l’Ode Maritime de Pessoa et ajuste un goût du dépaysement et de l’excès, une ivresse de l’esprit qui intoxique la conscience de soi et ouvre une voix tumultueuse et débridée.

Parcourant une Afrique connectée, urbaine, mondialisée dont la moitié de la population à moins de 30 ans, formidablement inventive et débrouillarde même si malmenée; cette jeunesse qui remplace le tweet au tract et qui créent ses logos sur le mur du web signerait-elle les premiers signes de son droit de réponse à son expression si souvent étouffée ?

 

 

CHORÉGRAPHIE, CONCEPTION : Frank Micheletti
INTERPRÉTATION : Idio Chichava
MUSIQUE LIVE : Frank Micheletti
CRÉATION LUMIÈRES : Ivan Mathis
PRODUCTION : Kubilai Khan investigations
COPRODUCTIONS : Théâtre Le Colombier, Rencontres chorégraphiques internationales de Seine Saint-Denis, Le Colombier - Cie Langajà Groupement

La Compagnie Kubilai Khan investigations est soutenue par le département de la Seine-Saint-Denis.

Avec le soutien d'Arcadi Île-de-France.

 

Parcours de Kubilai Khan investigations

À 20 ans d’existence et plus de 30 créations représentées en France et dans plus de 60 pays, Kubilai Khan investigations s’est affirmée comme une plateforme de créations plurielles, une fabrique de dynamiques artistiques de l’échelle locale à l’échelle internationale. Depuis les côtes du Mozambique jusqu’à la baie de Tokyo, glissant d’un fuseau horaire à l’autre, activant aussi bien les transversalités de langages artistiques que les questionnements culturels.

Le projet artistique ne cesse d’interroger l’espace/monde en mutations, d’en sonder les transformations en cours, d’observer la naissance continue du réel et de ses représentations par la rencontre entre arts, territoires et publics. Une dynamique internationale est expérimentée par les diffusions mais plus encore, par les nombreuses résidences et créations effectuées sur place (à ce jour plusieurs pièces ont été créées et répétées en dehors de nos frontières avec des collaborations locales au Japon, Ghana, Mozambique, Argentine, Mexique, Chili, Bulgarie, Pologne, Indonésie).

En favorisant la perspective « aller/retour », faisant se croiser une implication locale et des projets à l’international, Kubilai Khan investigations a pu inscrire de véritables synergies de rencontres, démultiplier ses points de vue et faire contribuer de nombreux regards et paroles en se déployant sur des territoires diversifiés. Des déplacements, des rapprochements, dans « l’usage du mond » comme l’a formulé Nicolas Bouvier.Cette perspective « aller/retour » nous permet de développer dans plusieurs villes en France et sur notre terrain d’adoption, Toulon et sa région, cet élan d’ouvertures en impulsant des propositions multiples dans l’espace public. Formes inédites, trajets, parcours composés in situ, qui invitent le public à renouveler son regard sur le tissu social et la place de nos corps dans la ville.

À l’heure où de multiples réseaux s’entrecroisent, des nœuds stratégiques de flux, transferts et mobilités ultrarapides, dans ce monde multi-polaire qui se dessine, cette dynamique de déplacements reste pour nous un terrain privilégié pour observer les processus de modernisation de plus en plus transitoires, modifiables et contingents, pour observer et écouter les nouveaux usages et visages de ce qui vient.

Depuis sa création, la compagnie a été « artiste associé » auprès de différentes structures et de leur territoire (CNCDC Châteauvallon à Ollioules, Pôle Sud à Strasbourg, l’Arsenal de Metz, La Comédie scène nationale de Clermont-Ferrand, le Théâtre Louis Aragon à Tremblay-en-France). En 2011-2013, la compagnie a été en résidence au Théâtre Paul Eluard à Bezons. Depuis 2016, Elle est associée aux Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis et le Théâtre du Beauvaisis, et aussi au Théâtre des Salins, scène nationale de Martigues.

Nous développons et avons alors développé dans une relation à la ville, à son urbanité, à son tissu social, des formes spécifiques et appropriées. Nous avons aussi défini des outils de transmission et de rencontres auprès des publics. Nous avons cherché des formulations de nos pratiques qui s’intensifient dans la réalité collective de nos vies quotidiennes. Des corps en présence soucieux d’une relation en prise directe avec la ville.

Comme une micro-politique, comme une micro-géographie, la danse comme un médium de déplacement, de dépassement, un déclencheur d’expériences. Aujourd’hui, Kubilai Khan investigations poursuit son voyage à travers les formes et les plateaux, continue d’hybrider les gestes, de déplacer les lieux de présentation de la danse, des musiques, pour trouver de nouveaux regards. Pièces chorégraphiques, parcours dans les villes, performances in situ, nouvelles constellations... autant d’empreintes sensibles et engagées, de points de vue sur le monde.

 

Frank Micheletti - Chorégraphe
Né en 1966 - France  

 
Il reçoit une formation de théâtre avec Jean-Pierre Raffaelli, travaille avec Hubert Colas et Isabelle Pousseur, puis  décide de s’orienter vers la danse.   
Avant de créer la compagnie Kubilai Khan investigations, Frank Micheletti a accompagné Joseph Nadj sur plusieurs créations en tant que danseur (Le Canard pékinois, Les Echelles d'Orphée, l'Anatomie d'un fauve, Woyzek, Commedia Tiempo, Les Commentaires d'Habacuc) et en tant qu’assistant à la mise en scène pour Le Cri du caméléon réalisé pour le Centre National des Arts du Cirque. D’autres collaborations parallèles se construisent : participation au Crash Landing : séries d'improvisations initiées par Meg Stuart au Théâtre  de la Ville.
 
En 1996, il fonde avec Cynthia Phung-Ngoc, Ivan Mathis et  Laurent Letourneur, la compagnie Kubilai Khan Investigations, et signe comme directeur artistique les pièces du groupe: Wagon zek, dépôt 1 (1996),  Wagon zek, dépôt 2 (1997), S.O.Y. (1999), Tanin no Kao et Yumé (2001), Mecanica popular (2002), Sorrow love song (2004), Gyrations of barbarous tribes - création franco-mozambicaine (2005-2006), Ona  to otoko, Mondes, Monde - Solo, Koko Doko et Akasaka research (2006), Coupures, Mondes, Monde - version quatuor, Maputo, je suis arrivé demain (2007), Constellations temps fort pluridisciplinaire sur 3 jours (2007-2009-2012) et Geografía (2008). Espaço contratempo (2009/2010), Archipelago (2010/2011), Around Us (2011), Tiger tiger burning bright (2012), comme la main s’enroule (2012), Volt(s)Face#1 et Mexican Corner (2013), Your ghost is not enough (2014), Bien sûr les choses tournent mal(2015), no.W.here (2016)..
En 2009, il crée le festival Constellations à Toulon, annuel depuis 2012.

En 2007, Frank Micheletti est nommé Artiste associé pour trois années à la Comédie, scène nationale de Clermont- Ferrand ainsi qu’à L’Arsenal de Metz pour deux ans. En 2008, la compagnie s'inscrit dans le projet «Tremblay, territoire(s) de la danse”, en partenariat avec le Théâtre Louis Aragon de Tremblay-en-France. en 2016, il entame avec la compagnie deux nouvelles résidences, avec les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis,  le théâtre du Beauvaisis à Beauvais, les Salins, scène nationale de Martigues, et fut artiste associé de 1999 à 2001 à Châteauvallon.
En 2009, il est accueilli à la Villa Kujoyama de Kyoto, en résidence de recherche et de création.