© Manuel Vizoso
Catalogne, Espagne

Sònia Sánchez

El Ello. Le Ça

  • Mardi 20 mai 2014  • 20h 30
  • Mercredi 21 mai 2014  • 20h 30

    Studio Théâtre

pièce pour 1 danseuse, 1 guitariste et 1 chanteur • 60 minutes

[création]

ENGLISH

 

Sònia Sánchez lets desires, instincts and memories flow in her new production El Ello, a piece without scenography or dramaturgy that opts instead for austerity and simplicity. The artist’s intention is to recover the essence of the past, when technically perfect choreographies were not necessary. On stage, a flamenco dancer and musicians perform pre-agreed improvisations where they dispense with technique to let the unconscious flow, exploring new rhythms, different textures and distinct ways of composing.

L'année dernière, aux Rencontres chorégraphiques, Sònia Sánchez avait présenté El Pliegue (le pli). Dans cette pièce dépouillée, elle dansait seule, sans musique et sans chant, un flamenco intérieur, austère, puissant, débarrassé de ses oripeaux folkloriques. Cette année, la chorégraphe et interprète catalane revient avec El Ello, dont le titre indique à lui seul qu'il s'agit pour elle d'aller puiser au cœur de l'inconscient, là où se nichent les désirs, les instincts, les souvenirs, pour les ramener au seuil du visible par la danse. 

 

Cette fois cependant, elle a choisi de travailler, sur scène, avec deux musiciens et le chanteur Miguel Ángel Soto Peña « El Londro », qui s'est déjà produit avec Antonio Canales, Israel Galván ou Andrés Marín. Avec la même volonté de chercher à extraire, à partir d'improvisations concertées, les racines d'une façon d'être au monde où dominent les sens, la puissance du corps et des sons, où ce qui importe est avant tout la présence. En cela, la chorégraphe reste dans le droit fil et du flamenco, qu'elle pratique depuis très longtemps, et du butô, qu'elle a découvert plus récemment. Du premier, elle retient la puissance du geste et du rythme, la tension et la force des talons qui claquent, le délié des gestes, d'un poignet, d'un bras, la flamboyance et l'intensité de l'instant. Du second, elle explore le sens premier, la danse du corps obscur : concentrée, ramassée, elle semble communiquer avec la terre, les forces cachées, plonger dans une mémoire ancestrale. On dit parfois que le butô, c'est frapper ou griffer le sol du pied pour en faire jaillir les esprits. C'est ce à quoi s'attache cette pièce, déployant une danse épurée, accompagnée ou devancée par quelques accords de guitare électrique. Sans dramaturgie, sans artifice, sans décor ni costume flamboyant, Sònia Sánchez offre ainsi une pièce d'une grande expressivité et d'une grande charge émotionnelle nourrie de sa seule puissance d'interprétation.     

Création, direction, interprétation Sònia Sánchez
Création son Andrés Agudo
Création lumière Alberto Barbera
Voix Miguel Ángel Soto Peña El Londro
Guitare électrique David Soler

Coproduction Mercat de les Flors – Barcelone, Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis
Remerciements Agusti Fernandez, Manel Vizoso, Joan Cortés, Alberto Hurtado, Patricia Caballero, Graner, Ok Corral and Menkes, for his love to Flamenco

Avec le soutien de l'Institut Ramon Lull

 

Parcours de Sònia Sánchez

Riche d’un parcours de plus de 30 ans à travers le monde de la danse et de la musique, Sònia Sánchez (née à Sabadell, Catalogne, en 1974), n’est pas une jeune créatrice, encore moins émergente. Elle continue pourtant de parier sur le flamenco, cherchant et expérimentant sans relâche.Sous la direction de grands artistes, Sònia Sánchez, liée au flamenco depuis sa naissance, décide en 2002 d’initier une nouvelle phase de recherche profonde vers les formes d'enseignement, de création, de composition et de transmission de cette danse. Soucieuse de n’oublier aucune des révolutions qui l'ont précédée, elle développe une méthode d'exploration et d’entraînement inspirée des outils du Body Weather (attentivement repris d’Andrés Corchero et Hisako Horikawa) et du flamenco (qu’elle a étudié auprès des maîtres comme Ciro, « La China » et bien d’autres). De nombreux groupes de personnes, de 4 à 80 ans, ont pratiqué avec elle, dans différents contextes, résidences de création dans des écoles, en pleine nature, dans des lieux de création ou chez les habitants, dans différentes parties de l’Espagne, de la Finlande et de l’Allemagne. Sa pratique du flamenco a évolué pendant près de 10 ans, soumise à des évaluations continues, donnant lieu à un travail créatif élaboré tout au long de ces années au cours de nombreux projets expérimentaux (Ekdotos, Este eseste y no otro, Por eso estoy aquí y no allí, El inmediatamente al lado) et de formes scéniques. Retales, 23 de mayo et Rincones y claros de bosques ont été les pièces les plus remarquées et ont été présentées dans différents théâtres de Catalogne. Aujourd’hui, après avoir atteint un haut niveau de connaissance qui mêle méthode, esthétique, fonds d’informations historiques et théoriques et moyens concrets d’action et de compréhension, Sònia Sánchez propose une continuité cohérente à son intense parcours en entrant dans une phase de transmission de tout ce qu’elle a acquis à travers son travail artistique et pédagogique. Cette tâche est menée sur scène, par un travail de composition pure. Une façon de clore toute une décennie dédiée à la recherche et au développement de sa danse, pour s’ouvrir à de nouvelles missions, qui donneront une continuité et une utilité concrète à la matière obtenue. Selon elle, il est nécessaire de passer par une phase préalable consistant à collecter, revisiter, examiner tous les aspects et tous les matériaux les plus significatifs du travail accompli jusqu’à maintenant. En 2011-2012, elle prépare cette sorte de conclusion qui donnera lieu à de nouvelles questions, pour une application directe du langage et des connaissances, dans la pièce El pliegue, présentée à Mov’s et à Dies de Dansa 2012, puis l’année dernière aux Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis.
Patricia Caballero