© Dominique Libert
Belgique

Pierre Droulers

Soleils

  • Mardi 13 mai 2014  • 20h 30

    Espace Michel-Simon

pièce pour 9 danseurs • 60 minutes

ENGLISH

 

For his new work, it is light – philosophically and physically – that Pierre Droulers invites on stage: light all the way to the incandescent ecstasy of the sun, but also light waiting in darkness; light diffracted in matter, but also the kind that irradiates bodies. He revisits the burning energy of carnivalesque rituals and processions. Set in a captivatingly beautiful stage space, Soleils reaffirms the fire of life in the face of the grimace of history.

Puisant aussi bien aux sources du bunraku (théâtre de marionnettes) japonais que dans le carnaval brésilien, dans la poésie chuchotante qui s'épanouit dans la pénombre d'Emily Dickinson, ou que dans celle vibrante, pleine d'énergie et de rage de Dylan Thomas, Soleils expose les noces fiévreuses de la lumière et de l'obscurité. 

 

Tout commence au cœur des ténèbres. Les corps y sont encapuchonnés de noir comme dans un culte antique avant que l'un n'apparaisse recouvert d'une combinaison blanche qui fait songer aux travailleurs du nucléaire. Avec cette pièce, Pierre Droulers convoque aussi bien le « soleil noir de la mélancolie » que l'incandescence de l'astre, les forces du secret de la manipulation que l'élan et l'énergie du mouvement. Le plaisir et la liberté de la danse, décuplés par le groupe, se déploient à l'ombre d'une menace qui plane, d'un secret qui rôde. Les soleils sont ici tour à tour des puissances dangereuses, mystérieuses, joyeuses, brûlantes ou vitales. Plongée dans le monde des apparences et des apparitions, Soleils est plurielle comme les danseurs sur scène, multitude formant parfois un seul corps se déplaçant à l'unisson et parfois se brisant, créant autant d'étoiles et de constellations que d'individus. Portée par les danseurs, dictée par le mouvement, la lumière traque, dévoile, laisse deviner, expose, irradie des corps tour à tour écorchés, derviches tourneurs, coureurs. 

 

Soleils invite ainsi à la contemplation d'un rite étrange qui convoque les figures du carnaval mais aussi celles des morts des fêtes mexicaines, le vaudou ou l'évocation de L'Entrée du Christ à Bruxelles du peintre James Ensor. S'avançant souvent masqués, déguisés, les danseurs expriment le besoin de sortir de soi, de se métamorphoser, de jouer avec les codes et les identités. Pierre Droulers offre une pièce de groupe puissante, qui s'apparente à un culte mystérieux dans lequel les forces de vie et de mort l'emportent successivement, inextricablement liées comme la lumière, vacillante, fragile, mais têtue et tenace, l'est à l'ombre, convoquant ce qu'il nomme « la nécessité de la beauté face à la grimace de l'histoire ».

Conception : Pierre Droulers en collaboration avec les danseurs
Interprétation : Louis Combeaud, Malika Djardi, Stanislav Dobak, Youness Khoukhou,Louis Clément Da Costa, Benjamin Pohlig, Peter Savel, Jonathan Schatz, Katrien Vandergooten
Collaboration artistique : Yuji Oshima
Musique originale : Beth Gibbons, Eric Thielemans
Création lumière : Pierre Droulers, Marc Lhommel
Costumes : Jean-Paul Lespagnard
Scénographie : Chevalier-Masson
Assistant artistique, création sonore : Arnaud Meuleman
Assistant chorégraphique : Michel Yang
 

Production : Charleroi Danses, Centre chorégraphique de la Fédération Wallonie – Bruxelles
Coproduction : Kunstenfestivaldesarts – Bruxelles, Festival de Marseille, Next Festival, Maison de la culture – Tournai
Remerciements : Jean-Biche, Benoît Caussé, Rebecca Chaillon, Louis Combeaud, Gwenaël Laroche, Renan Martins, Sylvie Mélis, Wagner Schwartz

Avec le soutien de Wallonie-Bruxelles International

 

 

Parcours de Pierre Droulers

Après une formation artistique de trois ans à Mudra, école multidisciplinaire fondée à Bruxelles par Maurice Béjart, Pierre Droulers poursuit sa formation auprès de Jerzy Grotowski en Pologne, puis à Paris où il participe aux ateliers de Robert Wilson et à New York, en 1978, où il découvre le travail de la Judson Church et celui de Steve Paxton. Il crée à Bruxelles, en 1979, avec le saxophoniste et compositeur Steve Lacy, le solo Hedges. Après différents projets en tant que chorégraphe ou en tant qu’interprète (chez Anne Teresa De Keersmaeker et Michèle Anne De Mey, de 1986 à 1989), il crée un diptyque à partir de Finnegan's Wake de James Joyce. Il joue dans ses pièces d’une pluralité de modes : joués, dansés, parlés ou encore musicalisés (comme pour Comme si on était leurs Petits Poucets, 1991, et Jamais de l'Abîme, 1993). À la fin des années 1990, Pierre Droulers amorce un virage vers l’abstraction et collabore alors avec des plasticiens. Ainsi, avec le Belge Michel François, il aborde la question de l’objet en scène avec Mountain/Fountain, en 1995. Avec Ann Veronica Janssens, Belge également, il interroge la lumière et l’espace vide. En 2000, Pierre Droulers monte MA au Festival d’Automne, projet pour lequel il retrouve Michel François et Ann Veronica Janssens, mais rencontre également l’artiste visuelle japonaise Yuji Oshima, pour une exploration de la flânerie urbaine dans l’architecture contemporaine des villes. En 2003, il programme une carte blanche à la Balsamine de Bruxelles. Ouvert sur plusieurs lieux, moments et artistes, cet événement d’un seul tenant propose un itinéraire entre danse, arts plastiques et sonorités. Il crée Inouï, en 2004, présentée en Belgique, France et Allemagne. En 2005, il participe au projet Agora au coeur du Parc royal de Bruxelles, pour le Kunstenfestivaldesarts, qui le réunit, là encore, à un plasticien (Simon Siegmann), mais aussi un compositeur (George van Dam), et un écrivain (Jean-Michel Espitallier). Après Flowers, pièce pour 8 danseurs créée dans le cadre de la Biennale de Charleroi Danses 2007 et du Kunstenfestivaldesarts, et All in All, création pour le Ballet de l’Opéra de Lyon, Pierre Droulers a présenté sa pièce Walk Talk Chalk, au Kunstenfestivaldesarts 2009. En 2010, il reprend De l'air et du vent (1996), présentée notamment en mai 2011 au Théâtre de la Cité internationale à Paris. Pierre Droulers est aujourd’hui artiste associé à Charleroi Danses, Centre chorégraphique de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Sa dernière création, Soleils, a été présentée en mai 2013 au Kunstenfestivaldesarts.