© Dorothée Thébert-Filliger
Suisse — France

Marco Berrettini

iFeel3

  • Vendredi 17 juin 2016  • 21h
  • Samedi 18 juin 2016  • 21h

    Nouveau théâtre - salle Jean-Pierre Vernant

pièce pour 4 interprètes et 2 musiciens • 80 minutes [première en France]

ENGLISH

 

Inspired by the book Atlas shrugged by Ayn Rand, Marco Berrettini wanted to create a choreographic piece which questions our abilities to socialize, our ability to project ourselves into the future, near or far, our selfishness when it comes to protect ourselves and hide the fears that inhabit us. iFeel3 is in line with a choreography in one movement, one breath, without a structure in several scenes or chapters. The idea is to truly live the choreography as a personal “experience”, an action to complete, an exercice on oneself.

 

    Avidité philosophique. Audaces et fantaisies scéniques. Imparable humour pince-sansrire. D’un esprit inimitable, les pièces de Marco Berrettini tiennent toujours d’une forme d’aventure, exploration parfois tendue sur le fil, et aboutissement volontiers dans l’étrange, voire la stupéfaction. Et tout cela brasse obstinément la matière des destinées contemporaines, perçues au jour des philosophies les plus actuelles.

 

    iFeel3 est autant un concert — chanté, magnifique — qu’une forte pièce de danse. Concert auquel se colle le chorégraphe lui-même, et qu’il donne étrangement par la voie des airs. C’est troublant, autant que puissant. Par contraste, c’est à ras de plateau, à hauteur de spectateurs, qu’évoluent les quatre danseurs. Inlassablement. Jusqu’à un renversement de situation finale, spectaculaire et splendide — mais impossible à révéler ici — la partition chorégraphique tient d’une boucle implacablement relancée.

 

    Sous l’apparence de la répétition, tout est laissé, en fait, aux puissances de l’improvisation. Une incroyable multitude des variations d’états, d’actions, d’incidents, de micro-relations, déroule une parabole émouvante de la terrible banalité quotidienne. Et pourtant si dense. Alors, au fil de l’absurdité, un rien folâtre, vient à s’insinuer un suspense troublant, qui donne indubitablement un goût immodéré pour la vie (et pas que pour les jus de légumes pressés, qui font aujourd’hui autorité, comme chacun sait).

Compagnie :*MELK Prod.

Chorégraphie : Marco Berrettini (en collaboration avec les interprètes)
Interprètes : Christine Bombal, Nathalie Broizat, Sébastien Chatellier, Marion Duval
Création musicale et interprétation : Summer Music - Marco Berrettini et Samuel Pajand
Scénographie et création lumières : Victor Roy
Costumes : Severine Besson
Regard extérieur : Anne Delahaye

Production : *MELK PROD. (CH) / Tanzplantation (F)
Coproduction : Association pour la Danse Contemporaine Genève — adc, Théâtre Vidy-Lausanne, Théâtre Les Halles Sierre
Soutiens : Ville de Genève, Loterie Romande, Pro Helvetia — Fondation Suisse pour la Culture, Direction régionale des affaires culturelles d’Ile-de- France — Ministère de la Culture et de la Communication, Reso — Réseau Danse Suisse, Fondation Ernst Göhner, Corodis — Commission romande de diffusion des spectacles


Avec le soutien du Fonds culturel de la Société Suisse des Auteurs SSA et de Pro Helvetia

 

         

Parcours de Marco Berrettini

Danseur et chorégraphe italien né en Allemagne, Marco Berrettini s’intéresse à la danse après une victoire au championnat allemand de danse Disco. Fort de cette expérience et conscient de ses lacunes, il fréquente maintes leçons et stages de danse jazz, moderne et de ballet classique. Parallèlement à ses études, il travaille pour l’école de danses de salon BIER à Wiesbaden en Allemagne. Après le baccalauréat, il commence sa formation professionnelle de danseur; tout d’abord à la London School of Contemporary Dance, pour ensuite se diplômer à la Folkwangschulen Essen, sous la direction de Hans Züllig et Pina Bausch. Là-bas, il développe son intérêt pour le Tanztheater et débute comme chorégraphe avec un Solo, Le Père Noël lubrique. Dès lors il développe une passion pour la technique Jooss/Laban/Leeder/Cecchetti et est très influencé par l’œuvre chorégraphique de Pina Bausch, en particulier par la « forme », tout en gardant un faible pour Balanchine. À la suite de sa formation, il tente, en vain, de monter sa propre compagnie à Wiesbaden. Il étudie pendant deux ans l’ethnologie européenne, l’anthropologie culturelle et les sciences théâtrales à l’Université de Francfort. Pendant quelques années, il a du mal à faire démarrer sa carrière de chorégraphe et vit de cours de danse. En 1988 il signe un contrat en tant que danseur avec une compagnie de danse parisienne. À côté de son travail pour le chorégraphe marseillais Georges Appaix, il crée ses propres pièces. Sa compagnie, à l’époque, s’appelle encore « Tanzplantation ». En 1999 le Kampnagel de Hambourg produit son spectacle MULTI(S)ME. Entre-temps sa troupe compte environ 12 membres. Sur une proposition du directeur Res Bosshart, la compagnie change son nom pour *MELK PROD.