© Kinkaleri
Italie

Kinkaleri

Fake For Gun No You | All!

  • Lundi 26 mai 2014  • 19h 30
  • Mardi 27 mai 2014  • 19h 30
  • Mercredi 28 mai 2014  • 19h 30

    Le Colombier

duo • 40 minutes

ENGLISH

The performance by Kinkaleri is dedicated to the figure of William Seward Burroughs. It is not a show about the celebrated beat generation writer but rather a lunge at the awareness of language, its power, and the possibility of revolt that could animate a body of today’s world, immersed in order and control. Basically it’s a performance on what WSB used to teach: “be free even under torture”. After some years of original immersion in the words of Brecht and Genet, Kinkaleri return to tackle the choreographic universe and gestural dynamics in a work that questions itself about the entreaties of freedom.

Kinkaleri désigne la quincaillerie, le bazar où l’on peut trouver les objets les plus variés, suivant la saison, l’état des stocks, etc. Cette diversité alliée à l’idée d’une richesse cachée dans un environnement trivial renvoie au fonctionnement et à la manière d’investir l’espace de la représentation de ce collectif italien, formé depuis maintenant près de vingt ans, qui travaille à la frontière des arts visuels, de la performance, de l’installation sonore, de la chorégraphie. 

 

Dans la série des « All ! », il s'agit de s'emparer d'un texte, ici « Thanksgiving Day, Nov. 28, 1986 » poème de William S. Burrough dédié à John Dillinger, l'un des plus grands gangsters américains, « in hope he is still alive » - processus que le collectif avait déjà pratiqué dans ses premières pièces, s’appropriant souvent de manière énigmatique et inattendue certains auteurs et les utilisant comme des boîtes à outils pour repenser la représentation scénique, les leurres du langage, le statut du corps et des objets sur scène. 

Cette fois, ils prennent le poème au mot en le travaillant au corps pour bâtir un alphabet. Ainsi les deux interprètes alternent et répètent des gestes simples, lever un bras, une jambe, tourner sur soi-même, s'étirer, sauter, fléchir les genoux pour transcrire le poème, par équivalences corporelles. 

 

 

Puis ces figures de base se ré-agencent, comme si les interprètes, une fois établi cet alphabet, inventaient à leur tour un autre texte, comme des musiciens s'empareraient de notes, l'essentiel étant de transmettre la présence mouvante du langage, interagissant avec des objets et des sons qui évoquent un environnement quotidien et trivial - les aboiements de chiens, les cris, les borborygmes, des seaux d'eau qu'on renverse, les révolvers brandis.
« Communiquer signifie partager un monde et une présence » affirment les Kinkaleri. C'est à cette communication étrange, énigmatique, que convie Fake For Gun No You | All ! Une manière de rouvrir la poésie possible d'un monde en devenir, en équilibre instable, dans lequel seuls comptent l'expérience, la force du langage, le pouvoir de la liberté et de la performance live, partant du principe que « Le monde n'est intéressant que si nous pouvons l'inventer. »

Conception, chorégraphie Kinkaleri
Réalisation Massimo Conti, Marco Mazzoni, Gina Monaco
Interprétation Jacopo Jenna, Simona Rossi
Création lumière, son Kinkaleri

 

Production Kinkaleri
Soutien Santarcangelo dei Teatri- Festival Internazionale del Teatro in Piazza, Armunia Festival, Teatro Metastasio Stabile della Toscana - Contemporanea Festival 

Parcours de Kinkaleri

« Le collectif Kinkaleri se compose de trois artistes d’horizons divers, de la danse à l’architecture, qui produisent spectacles, installations, performances, vidéos, environnements sonores, ainsi que d’autres projets, toujours « hors format » et en marge des pratiques et des catégories prédéfinies. Il s’agit également d’un travail dans lequel la versatilité va de pair avec la dimension collective, ici l’une des caractéristiques principales du groupe : six individus qui ne se partagent pas les tâches de manière traditionnelle (metteur en scène, scénographe, acteur, etc.). Ce fonctionnement collectif sert d’antidote à toute velléité autoritaire ou hiérarchique à l’intérieur du groupe : la volonté de puissance du metteur en scène est notamment écartée au profit du travail collectif. La tension inévitable entre le regard individuel et celui du collectif se transforme en une véritable force créative à entrées multiples. La démarche des Kinkaleri se situe du côté du détournement de l’action performative. Leurs créations sont anti-spectaculaires. Ils interrogent la crise de la représentation scénique et sa réception ou sa consommation. Chaque projet est un objet à part, souvent précédé d’une série d’études qui constituent autant d’étapes de travail à travers lesquelles le projet prend forme. S’il fallait parler d’un « style » Kinkaleri, nous pourrions peut-être évoquer une « hétérodoxie rigoureuse », cette attitude de négociation ou de transition dynamique entre un format et l’autre, qui est au coeur de la recherche formelle du groupe. » • Giovanna Zapperi

Parmi les créations les plus importantes, notons : Doom (1996), 1.9cc GLX (1998), My love for you will never die (2001, présenté aux Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis en 2002), <Otto> (2002- 2003, Prix Ubu 2002, présenté aux Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis en 2003), West (2003- 2005), I Cenci/Spettacolo (2004), Pasodoble (2005), Nerone (2006), 11cover (2006), Pinocchio (2007), The hungry march show // Between a carrot and I (2007), Alcuni giorni sono migliori di altri (2008), The hungry march show // Yes Sir! (2008), Nessun Dorma (2009-2010), Io Mento projet I AM THAT AM I (2009), Tu Dici? projet I AM THAT AM I (2010), Ascesa&Caduta (2010), I AM THAT AM I (2010), Hit Parade (2011), Mille (2011), All! (2012-2013). Le groupe est aujourd’hui composé de Massimo Conti, Marco Mazzoni, Gina Monaco.