Fanny de Chaillé | Chut - © Marc Domage
France — association display

Fanny de Chaillé

Chut

  • Mercredi 20 mai 2015  • 20h 30
  • Jeudi 21 mai 2015  • 20h 30
  • Vendredi 22 mai 2015  • 20h 30

    Centre national de la danse

solo • 50 minutes

[création]

 

ENGLISH

 

The image on the basis of the show is Caspar David Friedrich’s painting, Wanderer above the Sea of Fog. A man from behind, on a summit, in front of the emptiness – we can easily foresee the rest, rather tragic, inspired by romantic images and major comic’s figures, Chut questions human fragility through more and more absolute stunts. Registered in a visual installation of Nadia Lauro: an “anamorphic fiction” which, from the point of view of terraces, gives the feeling of a relief scene. Chut questions the theatrical illusion in the name of absolute loyalty to reality, a taste for the literality of things.

En résidence à Chambéry, dans une ville de montagnes et face à une salle impressionnante, Fanny de Chaillé a eu envie d'écrire un solo qui jouerait du rapport d'échelle entre l'individu minuscule et l'immensité. Elle pense alors à une toile de Caspar David Friedrich, Voyageur contemplant une mer de nuages, qui représente un homme de dos, sur un sommet, face au vide et qui, dans la grande tradition romantique, peint autant l'état d'esprit intérieur du personnage que la nature.

Baptisée Chut avec le double sens de ce qui tombe et du silence – pour la première fois, la chorégraphe crée une pièce sans paroles – la pièce explore ainsi l'imaginaire de la chute et du déséquilibre. Romantique et burlesque, avec son personnage gauche, maladroit et solitaire – pas d'amis, pas de famille, pas d'amoureux – Chut interroge ainsi la fragilité humaine et la capacité d'un être à trouver l'équilibre au sein du déséquilibre.

Car Chut joue avec le plaisir qu'il y a à voir quelqu'un tomber, accentué ici par une scénographie de Nadia Lauro dans laquelle un tapis donne l'illusion du relief. Voir un corps qui n'arrive plus à tenir debout, qui s'effondre, fait partie des constantes du comique, même si bien sûr, le plaisir est décuplé du fait qu'on est au théâtre où l'on ne tombe jamais vraiment, mais où l'on fait semblant de tomber et de se faire mal. Fanny de Chaillé poursuit ainsi un motif qu'elle ne cesse d'interroger : celui de l'illusion théâtrale, et, plus largement, des rôles que nous  jouons constamment. Dans Chut, on tombe et on ne tombe pas, et c'est de cette exploration littérale des choses que surgissent l'émotion, le décalage et la poésie.

Un projet de Fanny de Chaillé

Interprété par Grégoire Monsaingeon

Installation visuelle : Nadia Lauro 

Composition son : Manuel Coursin

Régie son (alternance) : Jérémie Sananes

avec la participation de Grégoire Monsaingeon, Pierre Lachaud et Geneviève Brune.

Lumières : Mael Iger

Production et diffusion : Isabelle Ellul

 

Production : Association Display

 

Coproduction : Espace Malraux, Scène nationale de Chambéry et de la Savoie, les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis, le CND - un centre d’art pour la danse, le Centre Chorégraphique National de Tours, direction Thomas Lebrun (dans le cadre de l’accueil studio).

 

Avec l’aide  d’ARCADI Île-de-France / Dispositifs d’accompagnements

 

Avec le soutien de l’association Beaumarchais-SACD, bourse d’écriture et aide à la production.

 

Fanny de Chaillé est artiste associée à l’Espace Malraux, Scène nationale de Chambéry et de la Savoie.
L’Association Display est soutenue par le Ministère de la Culture et de la Communication, DRAC Île-de-France au titre de l’aide à la Compagnie.

 

Parcours de Fanny de Chaillé

De 1996 à 2001, après des études universitaires d’Esthétique à la Sorbonne, Fanny de Chaillé travaille avec Daniel Larrieu au Centre chorégraphique national de Tours, d’abord en tant qu’assistante à la mise en scène pour les pièces On était si tranquille, Feutre (dont elle compose la musique avec Rubin Steiner) et +Qu’hier, puis en tant qu’interprète pour Cenizas. Elle collabore en parallèle aux travaux de Matthieu Doze (réalisation des films du solo sous eXposé) et à ceux de Rachid Ouramdane, (Face cachée, À l’oeil nu, Au bord des métamorphoses et Les Morts pudiques). Avec Gwenaël Morin, elle joue dans le film Anéantis Movie et dans les pièces Guillaume Tell, Philoctète et Lorenzaccio. Depuis 1995, elle crée ses propres pièces, installations et performances : Karaokurt (1996), karaoké réalisé à partir de l’oeuvre de Kurt Schwitters, l’Ursonate ; La Pierre de causette (1997), installation-performance ; Le Robert (2000), performance pour un danseur et un dictionnaire ; Le Voyage d’hiver (2001), lecture-performance à partir d’un texte éponyme de Georges Perec ; Wake Up (2003), concert pour 55 réveils préparés ; mais aussi Underwear, pour une politique du défilé (2003), Ta ta ta (2005), AMÉRIQUE (2006), Gonzo Conférence et À nous deux (2007), pièces chorégraphiques. Elle collabore par ailleurs en tant qu’assistante avec Emmanuelle Huynh, pour Cribles et Shinbaï, le vol de l’âme (2009), et avec Alain Buffard, pour Tout va bien (2010) et Baron Samedi (2012). Elle a fondé avec Grégoire Monsaingeon le groupe Les Velourses, duo musical répondant à des commandes ; ils conçoivent ensemble Mmeellooddyy Nneellssoonn dans la série intitulée “albums” du Théâtre de la Cité Internationale à Paris où elle est artiste associée pendant trois ans. Elle présente en 2010, lors d’un “Week-end à la Cité”, La Bibliothèque mené avec 23 résidents de la Cité universitaire internationale, projet qu’elle continue régulièrement à mettre en oeuvre en France et à l’etranger. En 2011, elle y crée Je suis un metteur en scène japonais et Passage à l’acte cosigné avec le plasticien Philippe Ramette. Elle met en scène un texte de Pierre Alferi, Coloc dans le cadre de l’Objet des Mots/actOral 2012. En 2013, elle est invitée au Nouveau Festival du Centre Pompidou et propose avec la scénographe Nadia Lauro, La Clairière. Fanny de Chaillé est actuellement artiste associé à l’Espace Malraux, Scène nationale de Chambéry et de la Savoie.