© Edu Pérez
Catalogne, Espagne

El Conde de Torrefiel

Escenas para una conversación después del visionado de una película de Michael Haneke

  • Jeudi 5 juin 2014  • 20h
  • Vendredi 6 juin 2014  • 20h

    La Dynamo de Banlieues Bleues

pièce pour 5 danseurs • 60 minutes

ENGLISH

 

Nobody ever knows what to do with their life. Because of this, in a city, there are many possibilities for making a life. And because of this, of these many possibilities in a city for making a life, nobody ever knows what to do with their life. Everyday disasters that are almost imperceptible because of their everydayness.

« Personne n'a jamais vraiment su quoi faire avec sa vie. Ainsi, dans une ville, il y a beaucoup de possibilités de réaliser une vie. Et, puisque dans une ville il y a tellement de possibilités de réaliser une vie, personne n'a jamais vraiment su quoi faire avec sa vie. Des catastrophes qui sont presque imperceptibles par leur quotidienneté. »
El Conde de Torrefiel

 

À l'origine d'El Conde de Torrefiel on trouve Tanya Beyeler et Pablo Gisbert. Auteurs de théâtre, musiciens, danseurs et vidéastes, ils créent des pièces où cohabitent toutes ces disciplines, par juxtaposition et hybridation plutôt que dans une recherche d'homogénéité – à chacun de faire ses propres connexions. Dans Scènes pour une conversation après le visionnage d'un film de Michael Haneke, douze histoires se succèdent. Des personnages reviennent, souvent par une ironie dramatique, d'autres non. Ce sont des récits d'aujourd'hui, des scènes entre étudiants, entre amis, des monologues de jeunes gens européens qui relatent des souvenirs, des fantasmes, des anecdotes, des traumatismes dans lesquels la plupart du temps les personnages sont constamment en conflit entre ce qu’ils veulent, ce qu’ils font et ce qu’ils disent. Ce hiatus au coeur de l'individu se reflète dans la mise en scène. Les personnages y sont posés sur une scène indéfinie où le récit est fait soit par un texte projeté en fond de scène, soit par un interprète de dos ; les actions y sont muettes et souvent décalées par rapport au récit - un personnage se mettant à se déhancher tranquillement au son de la musique tandis que la narration se poursuit. Les transitions elles-mêmes interviennent de façon très apparente et iconoclaste, pour marquer les chevauchements des vies et des récits, pour assurer une forme de continuité à la manière des flux de conscience en littérature. Car bien sûr, si chaque récit est singulier, c'est l'individu contemporain qu'El Conde de Torrefiel s'attache à dépeindre, avec sensibilité, proximité et détachement.

 

Avec leur acuité, leur humour, leur sens de la présence corporelle, de la dramaturgie et de la scène, El Conde de Torrefiel réussit une pièce qui pose avec ironie la question de la liberté dans la société du XXIe siècle, où chacun croit être libre et vivre selon ses désirs et où sont pourtant toujours là, tapis en embuscade, invisibles, envahissants ou séduisants comme la musique techno, les diktats et les règles sociales de tous ordres.

Conception El Conde de Torrefiel
Mise en scène, dramaturgie Pablo Gisbert
Interprétation Quim Bigas, Tanya Beyeler, Isaac Forteza, David Mallols, Mario Pons-Macià
Création lumière Marcela Prado
Collaboration Ana Rovira, Mónica García, Paco Nevado, Vanessa Medina, Vicente Mallols, Roberto Baldinelli
Traduction du texte Cristina Vinuesa
Voix Nicolas Chevalier

 

Soutien Generalitat de Catalunya, résidènce Adriantic, Antic Teatre

Avec le soutien de l'Institut Ramon Lull