© Thibault Gregoire
Italie

Cristina Rizzo

La Sagra della Primavera Fear and Loathing in Las Vegas

  • Mardi 20 mai 2014  • 20h 30
  • Mercredi 21 mai 2014  • 20h 30

    Studio Théâtre

solo • 40 minutes

ENGLISH

 

On occasion of the centenary of Stravinsky’s The Rite of Spring, that interpreted by Nijinski changed the world of dance forever, Cristina Rizzo presents a solo performance in which movement manifests itself through the raving fury of the body and choreography is set in order to distort reality, also thanks to a displacement between vision and sound, creating a flexible realm of imagination. Defying the usual passivity of the spectator, the choreography poses a specific question: what do I see when I listen to, what do I hear when I see?

D'un côté Le Sacre du Printemps de Stravinsky, de l'autre, Fear and Loathing in Las Vegas, roman de Hunter S. Thompson adapté par Terry Gilliam sous le titre Las Vegas Parano, plongée sous drogue de deux personnages dans l'Amérique des années soixante-dix et considéré comme le manifeste de la fin du rêve américain. 

 

Entre les deux, Cristina Rizzo qui, pour le centenaire du premier, a choisi de s'emparer de ce classique à l'aune de son parcours de danseuse et de chorégraphe et de tout ce qui a traversé le siècle occidental. Plus qu'à une confrontation avec la tradition ou une énième relecture du Sacre, la chorégraphe invite ainsi à une immersion dans son univers.

 

Tout commence dans l'obscurité, trouée seulement d'un filet rouge comme le sang, comme les boîtes à strip-tease, comme la capitale du jeu. Puis arrive la musique, immédiatement reconnaissable mais perturbée par d'autres sons, d'autres rythmes, d'autres instruments. Fin de l'introduction qui d'emblée pose le principe de ce Sacre : à la fois suivi à la lettre et totalement re-mixé. La musique reprend et Cristina Rizzo fait son entrée, silhouette noire – la lumière de Carlo Cerri crée un univers plastique particulièrement fort, où les ombres et la couleur rouge invitent à une vision à la fois spectaculaire et poétique - et part dans un solo tournoyant et gracieux, vif et délié.

 

Formée à l'école de Martha Graham et aux studios de Merce Cunningham et de Trisha Brown avant de se lancer dans l'aventure expérimentale de Kinkaleri, Cristina Rizzo invite à l'exploration d'un territoire balisé mais où les distorsions, les ajouts sont la règle. Seule en scène, en créant des trouées, des déconnections, en réinventant des liens entre le son et l'image, (« Qu'est-ce que je vois quand j'écoute, et qu'est-ce que j'entends quand je vois ? »), elle semble déplier ainsi le Sacre. Les lectures se démultiplient jusqu'à un final où son visage disparaît derrière ses cheveux et sa danse oscille entre hard-rock et convulsion dans le silence revenu. Restent cependant, suspendues dans l'espace, une énergie et une intensité résultant de tout ce qui a été enregistré jusqu'alors, telle une démonstration de la force de propagation de la chorégraphie comme accumulation de sensations, qui, une fois mémorisées, modifie la perception. 

Conception, chorégraphie, création son Cristina Rizzo
Interprétation Cristina Rizzo
Musique Igor Stravinsky enregistré par l'Orchestre de Cleveland dirigé par Pierre Boulez, 1992
Création lumière Carlo Cerri

Production CAB008
Soutien Région Toscane, Ministère italien des biens et des activités culturels
Résidence Summer Residences Bruxelles, Teatro Era Pontedera, I Macelli Certaldo, Ater Balletto
Collaboration technique Terni Festival

Avec le soutien de l'Institut culturel italien de Paris

Parcours de Cristina Rizzo

Installée à Florence, la danseuse et chorégraphe Cristina Rizzo est diplômée de l’école new-yorkaise de danse contemporaine de Martha Graham et des studios de Merce Cunningham et Trisha Brown. Elle a collaboré avec de nombreuses compagnies telles que le Teatro Valdoca, Roberto Castello, Stoa/Claudia Castellucci, MK, Virgilio Sieni, Santasangre. Co-fondatrice du collectif Kinkaleri avec lequel elle a partagé les créations et les plans de production de 1995 à 2007, tournant sur les scènes chorégraphiques internationales et recevant de nombreux prix tels que le prix Lo Straniero et le prix Ubu.
Elle mène une carrière indépendante depuis 2008 dans la production et la chorégraphie expérimentale, convergeant sa recherche du corps vers une réflexion théorique. Dance N°3 est son premier projet en tant qu’auteur avec des échanges d’écritures entre les chorégraphes Eszter Salamon, Michele Di Stefano et Matteo Levaggi. Concentrée sur la nécessite de renouveler l’acte de création lui-même, elle produit plusieurs pièces chorégraphiques entre 2010 et 2011, à mi-chemin entre performance, danse et arts visuels, parmi lesquels AHAH, WAUDEVILLE, VOICE OVER co-réalisé avec la chorégraphe Eszter Salamon; EX/porno, MICRO DANCES WITH A TRAINED DOG,  la participation au projet Critical Cab (Xing/F.I.S.Co. 2011) et Instruction Series III/Orang Orang (DNA-Roma Europa Festival 2011). En 2012, elle crée INVISIBLE PIECE, un solo initié à partir de La Mort du cygne dans la toute première version célèbre dansé par Anna Pavlova, dialoguant avec elle d’une manière critique et complémentaire. En 2013 LA SAGRA DELLA PRIMAVERA FEAR AND LOATHING IN LAS VEGAS, une œuvre d’éviction entre le visuel et sonore, propose un autre Sacre de Stravinsky. En 2014, la nouvelle performance sur le Boléro de Ravel, produite par la Biennale de danse de Venise s’inscrit dans cette voie en tant que dernière étape de sa recherche sur l’histoire de la danse. Son travail est soutenu par la Regione Toscana et Ministero per i Beni e le Attività Culturali.

 

Aux Rencontres chorégraphiques :
2003, 2004, 2008 avec le collectif KINKALERI
2014 Sagra della primavera Fear and Loathing in Las Vegas