© Shahryar Nashat
Australie / Allemagne

Adam Linder

Parade

  • Mardi 6 mai 2014  • 19h 30
  • Mercredi 7 mai 2014  • 19h 30

    MC93 – Bobigny

trio • 50 minutes

ENGLISH

 

Parade, of 1917, was a ballet conceived by Jean Cocteau for the Ballets Russes. The departure points for Linder’s reinterpretation of Parade—a contemporary corporate ballet—are the publicity and high-performance imperatives which have pervaded the stages of today. The performers draw upon multiple choreographic grammars that are hard-cut, crossfaded and juxtaposed. The Chinese Conjuror springs back and forth between internal fantasy and the illusion of the gesture, the American Girl directs herself through a succession of career opportunities and the Acrobat rehearses the virtuosic flexibility of speculation.

 

 

En mars 1917, a lieu au Théâtre du Châtelet la première du ballet de Jean Cocteau, conçu pour les ballets russes de Diaghilev et chorégraphié par Léonide Massine. La musique est d'Erik Satie et les décors et costumes de Pablo Picasso. Le spectacle choque : en pleine guerre, Parade offre un ballet léger, populaire, inspiré du cirque et de l'agitation du monde moderne, dans lequel trois artistes exécutent des extraits du spectacle pour attirer le spectateur sous le chapiteau. Ces trois numéros sont alors présentés par des « managers » (c'est ainsi que Cocteau les appelle) et les trois artistes sont respectivement un prestidigitateur chinois, une petite fille américaine et un acrobate.

Adam Linder se réfère donc explicitement à ce ballet auquel il emprunte son titre, les personnages et la forme du trio. Mais les temps ont changé. La baraque foraine a été remplacée par un fond de faux marbre sur lequel sont inscrits des monogrammes « Parade » comme s'il s'agissait d'une marque et devant lequel trônent deux chaises à dossier haut, très royales. Les managers qui personnifiaient selon Cocteau les affaires, la concurrence et la réclame, sont devenus des volumes géométriques verts, impersonnels et puissants, parfois éclairés de l'intérieur, tandis qu'une voix caverneuse et profonde énonce en off des vérités comme le ferait un maître invisible tout droit sorti d'un film de science-fiction.

Sur scène, les trois protagonistes se livrent à des solos qui miment la rage et le défi, la répétition militaire, la séduction en solitaire - le partenaire étant tour à tour un écran lumineux sur lequel la silhouette se détache ou un des volumes verts posés sur le plateau.

Avec cette réinterprétation d'une œuvre marquante, Adam Linder interroge l'histoire de la danse mais aussi son contexte et les sens possibles du mot parade. « Est-elle pour le prince, le pape ou la populace ? » énonce une voix off sur scène. Et les danseurs qui l'incarnent sont-ils ces vaillants petits chevaux appelés à trottiner sur le plateau, ces corps dont les visages disparaissent derrière un masque impersonnel sur lequel s'inscrit une fois encore le monogramme du titre ? Cette nouvelle Parade expose ainsi l'impératif de performance et de publicité qui a envahi la scène contemporaine, transformant les corps en automate, en lutteur dérisoire ou en virtuose solitaire.

Conception : Adam Linder
Chorégraphie, interprétation : Delphine Gaborit, Adam Linder, Kotomi Nishiwaki
Scénographie : Shahryar Nashat
Costumes : Tobias Kaspar, Iva Willi
Arrangement musical : Brendan Dougherty
Illustration sonore : Stéphane Brunclair
Voix off : Jared Gradinger
Conseil à la dramaturgie : Eike Wittrock
Création lumière : Andreas Harder

Coproduction : HAU Hebbel am Ufer - Berlin, Theater Freiburg
Coopération : Tanzfabrik - Berlin, Silberkuppe - Berlin
Soutien financier : Hauptstadtkulturfonds
Soutien : Haubrokfoundation, The Place – Londres

 

Avec le soutien du Goethe Institut – Paris

 

Parcours d'Adam Linder

Son œuvre est constituée de pièces chorégraphiques pour le théâtre et de Choreographic Services (Services Chorégraphiques), qui peuvent être loués à l'heure et ne sont pas liés à un unique contexte.


Les pièces d'Adam Linder ont été créées au Hebbel am Ufer Berlin (Parade, 2013), à Kampnagel Hamburg (Cult to the Built on What, 2013), Kunsthaus Dresden (Several Costume Changes, 2012), Silberkuppe Berlin (Ma Ma Ma Materials, 2012), Tanz im August Berlin (Hip Reconnaissance, 2012) and The Watermill Centre NY (Dining at The Wilsons' avec Shahryar Nashat, 2011).


Ses œuvres ont été présentées par la suite au Kunsthaus Bregenz (2014), à American Realness NYC (New York, 2014), aux Rencontres Chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis (2014), à KM - Künstlerhaus Graz (2013), à Kunstverein Nuremberg (2013), à Sophiensaele Berlin (2013), à Performance List Projects - Basel (Bâle, 2013), au Museum für Gegenwartskunst Basel (2013) et à la Halle für Kunst Lüneburg (2012).

L'adaptation cinématographique de Parade, dirigée par Shahryar Nashat et créée lors de la 8ème Biennale de Berlin, a été projetée à l'ICA de Londres, au Hammer Museum de Los Angeles et au Palais de Tokyo à Paris.

 

Choreographic Service 1: Some Cleaning (2013) a été loué par Flex à Sammlung Hoffmann (2014), au Museum of Arts and Design à New York (2014) and au Kunsthalle Basel (Bâle, 2014). Choreographic Service 2: Some Proximity (2014) à été présenté dans le LIVE de la Frieze Art Fair London.

 

Par le passé, Adam Linder a dansé avec Michael Clark, Meg Stuart / Damaged Goods et le Royal Ballet (Londres). Il a reçu une formation de danseur à la Royal Ballet School à Londres.